Une toute autre perspective - quatrième partie : "Un homme heureux ne vole pas"

Paix et bonheur ? N'est-ce pas le but de la civilisation ? Nous construisons des gratte-ciel et des autoroutes. Nous avons des congés payées, des postes de télévision, la sécurité sociale, des arrêts de maladie et des retraites. Tout cela pour apporter une certaine dose de paix et de bonheur.


Et pourtant, le taux des maladies mentales grimpe régulièrement et la criminalité encore plus vite. Les rues sont pleines de délinquants et de gens pertubés. Passez le bras hors de la protection de votre propre porte et il y a des risques qu'on vous vole votre monstre. Quelque chose ne marche pas. Un homme heureux ne vole pas. Un homme en paix avec lui-même ne se sent pas poussé à tuer. Nous nous faisons simplement plaisir en pensant que notre société exploite toutes les zones de la connaissance humaine pour atteindre la paix et le bonheur. Nous commençons tout juste à comprendre que nous avons surdévellopé l'aspect matériel de l'existence au détriment des aspects émotionnels et spirituels plus profonds, et que nous payons le prix de cette erreur. Parler de la dégradation de la fibre morale et spirituelle est une chose et y faire quelque chose en est une autre.


L'endroit où commencer est en nous-même. Regardons attentivement à l'intérieur, objectivement, et chacun de nous constatera qu'il est lui aussi par moments "un mauvais garçon ou un fou". Nous apprendrons à voir ces moments, à les voir clairement, sans condamnation, et nous serrons sur la route ascendante.
Il n'est pas possible d'effectuer des changements, radicaux dans la trame de notre vie tant que nous ne pouvons pas nous voir exactement comme nous sommes maintenant. Aussitôt que nous y parvenons, le changement intervient naturellement, sans qu'il soit besoin de forcer, de lutter ou d'obeir à des règles dictées par une quelconque autorité. Simplement, nous changeons. C'est automatique. Mais pour arriver à cette vision intérieure initiale, c'est un vrai travail. Il faut voir qui nous sommes et comment nous sommes, sans illusion, sans jugement ni résistance d'aucune sorte.
Nous devons voir notre propre place dans la société, notre fonction en tant qu'être social. Nous devons voir nos devoirs et obligations envers nos frères humains et, par-dessus tout, notre responsabilité envers nous-même en tant qu'individu vivant avec d'autres individus. Nous devons voir tout cela clairement comme une unité, une unique structure d'interrelation. C'est complexe, mais cela se produit souvent en un seul instant. Le développement mental par la méditation est sans pareil pour nous aider à réaliser ce type de compréhension et un bonheur serein.

© Peinture de François SCHLESSER
Parole inspirée du Vénérable Hénépola Gunaratana
"Méditer au quotidien"

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