Tristesse


"Cette douleur n'est pas là pour vous rendre triste, rappelez-vous. C'est là que les gens se trompent... Cette douleur est uniquement là pour vous rendre plus alerte ; car les gens deviennent alerte seulement lorsque la flèche entre profondément dans leur cœur et les blesse. Autrement ils ne deviennent pas alertes.
Lorsque la vie est facile, confortable, commode, qui s'inquiète ? Qui prend la peine de devenir alerte ? Lorsqu'un ami meurt, une possibilité est là. Lorsque votre femme vous quitte ; ces nuits noires, vous êtes seul. Vous avez tellement aimé cette femme, vous aviez tout misé et puis soudain, un jour, elle n'est plus là.
Pleurant dans votre solitude, voilà les occasions qui, si vous les utilisez, peuvent vous rendre conscient. La flèche blesse, cela peut être utilisé.
La douleur n'est pas là pour vous rendre malheureux, la douleur est là pour vous rendre plus conscient ! Et lorsque vous êtes conscient, la misère disparaît.

Osho Take it Easy, Volume 2 Chapter 12

Commentaire :

L'image est celle d'Ananda, le cousin et disciple de Gautama Bouddha. Il était constamment aux côtés de Bouddha, s'occupant de chacun de ses besoins pendant quarante-deux ans.
À la mort de Bouddha, l'histoire raconte qu'Ananda était toujours à son côté, pleurant. Les autres disciples le grondèrent pour son manque d'entendement. Bouddha était mort absolument accompli, il devrait se réjouir.
Mais Ananda répondit : "Vous vous méprenez, je ne pleure pas sur lui mais sur moi, parce que pendant toutes ces années j'ai été constamment à ses côtés mais je n'ai toujours pas atteint l'illumination".
Ananda est resté éveillé toute la nuit, méditant profondément, sentant sa douleur et sa tristesse. Au matin, dit-on, il était illuminé.
Les temps de grande souffrance sont potentiellement des périodes de grande transformation. Pour que la transformation puisse se produire nous devons aller profondément, aux racines mêmes de notre douleur et l'éprouver telle qu'elle est, sans blâme ni indulgence".


Tiré du tarot Zen d'Osho

J'aime me rappeler de cela car souvent avec ou sans raison la vie semble se retourner. Nous allons parfaitement bien, tout autour de nous est parfait et soudain quelque chose en nous a changé. Nous souffrons. Une personne nous a dit quelque chose de vexant, nous ressentons de la jalousie ou un sentiment désagréable. Non seulement désagréable à ressentir mais en plus désagréable de se rendre compte que nous l'avons encore en nous. Que je n'aime pas me voir jaloux ou mesquin ou égoïste ou radin ou en colère simplement ; et pourtant oui je le suis, oui ces émotions me traversent, pourquoi le nier.
Je suis humain félicitation !
C'est une nouvelle fois l'opportunité d'évoluer, de traverser l'émotion complètement de la vivre pleinement sans culpabilité et sans restriction. La laisser être et la laisser nous parcourir d'un bout à l'autre de notre corps, écouter notre respiration et notre rythme cardiaque changer, la voir consciemment sans la craindre, être à son contact direct sans analyse. Puis la laisser partir lorsqu'elle le souhaite et ne pas l'alimenter . C'est curieux mais on s'y attache.

Quel voyage !

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