Le dilèmne de la cloche sonnée trop tôt ou trop tard.

Peut-on tout dire ? A quel moment éviter la souffrance à l'autre nous compromet ? Comment puis-je être entier, cohérent et intègre si ayant compris les attentes de l'autre, je dissimule ne serait-ce que légèrement mes véritables intentions ? Jusqu'à quand vais-je les dissimuler ?

J'affirme en un cri : Aucun compromis avec sa propre vérité ne peut être trahit sans en payer un prix plus élevé que celui de la sincérité. Le prix est la souffrance et la culpabilité.

J'ai rencontré cette jeune femme, une merveille comme le monde en compte peu. Elle est lumière radieuse et contagieuse, elle est joie dans les moindres plis de ses robes, elle est belle a en perdre les yeux. Dois-je resister à l'envie de la connaître, de la voir de plus près ? Nos discussions nous éveillent et peu à peu la complicité s'installe. Sans effort, la distance s'amenuise et disparaît. Pourtant pour une raison que j'ignore, mon coeur ne brûle pas comme mes yeux et mon esprit lui ordonne. Il vibre bien mais de cet amour respectueux et chaste, celui d'un père pour sa fille.


Mais j'ai déjà accepté son affection, ses caresses et je vois son coeur s'ouvrir, palpiter en chantant. J'en suis flatté et désespéré de ne pas ressentir moi aussi cette grâce. Me voilà prisonnier, mon affection m'empêche d'être honnête et de lui annoncer la triste nouvelle. "Je ne t'aime pas" Sonne le glas ! Ces mots sont si présomptueux, aussi violent qu'une lame mal aiguisée s'acharnant sur un cou. J'ai mal de les entendre même et surtout au sortir de ma bouche. Pourtant je ne peux souffrir le mensonge et trahir cette étoile qui me fait le bel honneur de briller pour moi.

Alors je lui dis que mon affection est pure, qu'en homme amoureux je suis vil et laid, mesquin, suspicieux et jaloux. Que l'amour que je lui porte la laisse libre d'être cet éblouissant soleil, qu'aucune chaîne ne viendra la contraindre, que je ne pleurerai pas ses choix. Que de ne pas mourir de passion pour elle nous laisse en paix.

En un instant, la lumière la quitta. Il était trop tard, elle souffrait et je me sentais coupable et tellement désolé. Il était trop tard pour être sincère.
Attendre davantage ? Peut-être l'amour serait-il venu ? Mais peut-être la chute serait-elle plus violente encore ? Refuser dès le début l'échange et le cadeau merveilleux de sa présence ? L'empêcher de s'attacher ? Bien et comment ?

J'ignore à qu'elle moment j'ai cessé d'être juste avec moi même, mais c'est là que tout à basculer. Le plus petit compromis a entraîné les suivants. Pourquoi l'ai-je fais, pourquoi l'avoir embrassé ? Pour la garder près de moi, pour lui faire plaisir ? Non pour me faire plaisir, pour me flatter, par égoïsme.
Serait-elle partie sinon ? Je l'ignore. Et quand bien même cela aurait-été préférable que de la voir souffrir.

Pourtant comment regretter ? Les moments passés étaient si beaux. Je ne pouvais dire plutôt mes doutes car j'ignorais encore ses sentiments, pourquoi aurais-je refuser d'ouvrir à l'amour battant sur ma porte ?

Alors pourquoi l'ai-je fais ce soir ?

Quelque chose sonne faux ! J'ai oublié de vivre dans le présent et j'ai laissé la peur nourrie de supposition dicter ma conduite. Le mental m'a plongé dans un dilèmne sans solution !... Puisqu'il n'existait pas.

La seule chose dont je suis sur c'est que je suis confus, je ne sais pas ce qui est juste et c'est alors que mon misérable coeur sentant qu'il a perdu son doux soleil se met à battre.

Vil et laid, triste d'être vil et laid.

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