Suivre sa Légende Personnelle

"Il partit sans faire ses adieux au Marchand de Cristaux. Il ne voulait pas pleurer : on aurait pu le voir. Mais il allait regretter toute cette période, et toutes les bonnes choses qu'il avait apprises. Il avait davantage confiance en lui, et se sentant l'envie de conquérir le monde.
"Mais je m'en vais vers les campagnes que je connais déjà, mener à nouveau mes moutons". Et il n'était plus aussi satisfait de sa décision. Il avait travaillé toute une année pour réaliser un rêve, et rêve, de minute en minute, perdait peu à peu de son importance. Peut-être parce que ce n'était pas son rêve, en fin de compte.
"Qui sait, après tout, s'il ne vaut pas mieux être comme le Marchand de Cristaux ? Ne jamais aller à la Mecque, et vivre de l'envie de s'y rendre". Mais il tenait dans ses mains Ourim et Toumim et ces deux pierres lui communiquaient la force et volonté du vieux roi. Par l'effet de coïncidence - ou d'un signe, pensa-t-il - il arriva au café dans lequel il était entré le premier jour. Son voleur n'y était pas, et le patron lui apporta un verre de thé.
"Je pourrai toujours redevenir berger, se dit-il. J'ai appris à soigner les moutons, et jamais je ne pourrai oublier comment ils sont. mais peut-être n'aurais-je plus d'autre occasion d'aller jusqu'aux Pyramides d'Egypte. Le vieil homme avait un pectoral en or, et connaissait mon histoire. C'était un vrai roi, un roi savant."
Extrait de l'Alchimiste de Paulo Coelho

Comment savoir si ce que je suis entrain de faire est sur le chemin de ma "Légende personnelle", de mon "Darma". Peut-on passer à côté de son destin ? Et finir sa vie avec un goût amer dans la bouche ? Ou doit-on comprendre que ce qui est "est" exactement ce qui doit être ? et que nous ne pouvons pas ne pas être à notre place ?
Voici bien deux manières de voir qui semble bien s'opposer, parfaitement mutuellement exclusives, et pourtant au fond de mon coeur quelque chose me dit que c'est exactement la même chose.
Accepter d'être exactement là ou on est, et ce laisser guider par la Vie, le coeur ouvert et confiant, le sourire présent distribuant bienveillance, amour et joie nous conduit vers notre Légende Personnelle. Pour suivre sa voie, le personnage de Coelho se fie aux signes, aux coïncidences, et surtout à son coeur. Il est souvent tenter de résister, de s'accrocher, de renoncer, de fuir ; comme un enfant qui entre à la maternelle pour la première fois ; et lorsqu'il le fait, un conflit né en lui. Les peurs affrontent les rêves. Ce combat nous le livrons tous. Nombreux sont ceux dont les peurs guident leurs vies et rare sont ceux qui sont portés par la confiance. Pourquoi donc le combat est si peu équilibré ?
Simplement parce que la confiance née de la connaissance et la peur de l'ignorance.
Or, la connaissance n'est pas le savoir, le savoir s'apprend, la co-naissance est en nous depuis toujours, littéralement nous naissons avec.
Donc, la confiance elle, se trouve sur le chemin de la connaissance, elle demande d'être dans la recherche de la source profonde de notre être. En premier lieu, d'être à l'écoute de son propre coeur. L'ignorance est simplement une zone d'ombre, elle disparaît dès qu'on y apporte un peu de lumière, mais il faut visiter "toute les pièces de la grande maison" que nous sommes et y allumer des bougies.
Écouter son coeur, j'ai longtemps cru qu'il s'agissait là seulement d'une expression linguistique. Mais je découvre que pour écouter son coeur, il faut réellement porter son attention dans sa cage thoracique, y rester en silence, ressentir en profondeur et soudain il se met à nous parler. Il nous parle de peur, d'angoisse mais aussi d'amour et d'espoir. Et plus on l'écoute plus son discourt s'apaise.

C'est une méditation très puissante que d'écouter son coeur dans le silence. Il s'agit de lui autoriser de s'exprimer complètement.
Il est le feu par lequel la maison s'éclaire.
Bonne année
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