La flamme qui se prenait pour une luciole

Lorsque notre lumière intérieure se développe à peine, elle est comme dans une fiole. Petite et fragile.
De cette même lumière peut naître la folie. Elle est trop petite pour nous guider. On ne voit pas grand chose même en la portant à bout de bras et l'on craint à chaque mouvement qu'elle ne s'éteigne. Quelle est précieuse ! Nous le sentons bien. Quelle exaltation de la voir briller ! Et pour conserver cette exaltation nous prenons grand soin de cette fiole. Aïe, nous voilà pris au piège.


Rendez-vous compte avant nous étions aveugle, maintenant nous voyons. Certes, pas grand chose, et c'est plutôt flou mais nous voyons et nous constatons pour la première fois que ceux qui sont autour de nous sont aveugles.  Ici réside le premier danger de l'ignorant : La vanité.

 Les dangers sont multiples, rien n'est garantie, à part peut être le danger.

Avec sa fiole, le chercheur monte sur sa première marche. Il ne voit pas l'escalier dans son ensemble, il voit trois marches. Celle de son passé, celle de son présent et celle de son futur. Elles sont toutes trois floues et lorsqu'il en regarde une, il ne voit pas les deux autres. Mais déjà il se retourne vers celle sur laquelle il était, et voit ses frères, du haut de sa marche.
Il est pris par l'orgueil, il pense "Je suis meilleur qu'eux.., je suis arrivé à...." Il s'identifie à ce sentiment.

Maintenant sa quête a changé, il ne le sait pas encore... le saura t il un jour ? Il croit toujours chercher la vérité, mais c'est le sentiment de fierté qu'il cherche à reproduire. Il s'est déjà perdu.


Ainsi, ce qui lui a permis de monter la marche était l'abandon de croyance qui l'alourdissaient. Il est monté non pas par un effort, non pas par son mérite mais parce qu'un instant, il était plus léger. Il n'avait pas acquis quelque chose de plus, il avait quelque chose de moins. Mais la flamme est trop petite, conclure la prive d'espace pour s'étendre. L'orgueil est conclusion, l'exaltation est conclusion. Le mot est conclusion. Le Moi est conclusion.
L'Exaltation venait du sentiment de légèreté. Mais il repris son poids et pesa même plus lourd de son orgueil nouvellement acquis.
Il ne verra plus les autres de haut, parce qu'il sera en permanente en comparaison avec eux. Il continue à s'alourdir. Il cherche pourtant à se hisser plus haut et c'est là que naît la folie." D.ieu pourquoi m'a tu abandonné ? s'écrit-il. Il croit à un nouveau scénario.

Une fois sur le chemin, le chercheur ne doit rien saisir, plus rien n'est à lui, ni son succès ni ses échecs, ni son exaltations ni son orgueil. Il se laisse traverser par la vie et n'attache rien à lui même. Lui même est une illusion, il n'y croit pas. Il voit en lui celui qui crie "Moi je" "Je suis...", ce moi qui prétend être, mais ne lui dédie pas sa lumière.
C'est nu qu'il avance, au contact de ses peurs, de ses doutes, de ses pensées, de ses émotions, de son corps mais ne s'en habille pas. Il reste nu, et ne conclut pas. Il reste nu et vierge de tout analyse.
Alors la flamme a de l'espace pour brûler. Peut être va t elle grandir, peut être pas. Cela n'est pas important, il est libre. Libre de la taille de sa flamme, libre des mensonges des autres qui n'étaient autres que les siens. Libre de la reconnaissance et des tourments, libre de l'ambition et de l'échec, libre de la comparaison et de la vanité. Libre il est mais il ne se saisit pas non plus de la liberté car s'il le faisait, il redeviendrait lourd et prisonnier d'elle.


Qu'arrive t il à celui qui est monté haut dans le ciel et qui soudain c'est retrouvé lourd ?

Rien, il est toujours ce qu'il est, lourd ou léger, il est ce qu'il est.
Il se prend simplement pour quelque chose qu'il n'est pas.

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