"Maï Aï " de l'amour ou "Je te suis, tu me fuis"

De quoi ca sagit ? ;)
En Aikido, le Maï Aï "est la distance minimum à garder entre les deux adversaires. Bien plus qu'un seul espace physique, c'est un espace mental, celui où les actions et intentions s'expriment au maximum. Il est donc indispensable d'avoir et de garder le contrôle du Maï Aï, afin de pouvoir agir et réagir de manière optimale".
Aikido signifie, la voie de l'harmonie. Pour qu'il y ait "Aï", harmonie, entre deux partenaires amoureux, il faut que chacun ait une distance à l'autre qui lui convienne. Dans ce Maï Aï, il y a un échange d'attention, cela ressemble à un amour clair, limpide, facile et surtout perceptible par les deux partenaires. En revanche, si l'un est trop proche, on aura l'impression d'étouffé, si l'autre est trop loin, on pensera qu'il ne nous aime pas.
Chacun dans sa relation aux autres a ses propres distances. Elles varient selon que l'on se trouve face à un ami, un amant, un membre de la famille ou un parfait inconnu. Notre distance avec notre amoureux est comme nous le remarquons souvent généralement la plus courte.
Notre Maï Aï conditionne de très nombreuse chose, c'est une notion importante. Elle conditionne par exemple notre manière d'aborder les gens nouveaux, nos contacts physiques avec les autres, l'ouverture de notre coeur, notre vulnérabilité, nos peines et nos joies amoureuses malheureusement lorsqu'elles dépendent encore de l'autre. Car elle conditionne surtout notre sentiment de dépendance affective.
Il est essentiel de comprendre que nous avons chacun notre distance. Il est absurde de penser que les autres devraient souhaiter la même distance que nous. Cependant, il est très difficile de vivre au côté de quelqu'un qui aurait une distance bien plus grande que la notre.
Le mécanisme
Pour bien expliquer ce dont il s'agit, je vais prendre l'exemple d'un bâton. Imaginons que chacun tient un bâton dans sa main. Chaque bâton a une taille différente, une forme différente, une texture différente, mais pour ne pas compliquer trop notre exemple, nous ne prendrons que la taille différente du bâton comme point de référence.

La bonne distance entre les partenaires seraient que chacun touche le bâton le bout du bâton de l'autre. Vous voyez déjà la difficulté ? Si le bâton de l'un est beaucoup plus court que l'autre, cela n'est possible qu'au prix d'un déséquilibre de l'un ou l'autre ou des deux partenaires. Il est bien entendu que de se sentir déséquilibré dans une relation n'est pas agréable et n'est pas viable très longtemps.

Vous avez déjà remarqué votre distance. Vous êtes plutôt distant, ou très câlin, vous livrez facilement votre intimité ou pas du tout, cela vous donne une idée. Ou encore vous ne supportez pas les pots de colle ou vous en êtes un vous-même. Nous avons chacun notre distance et lorsqu'une relation débute nous nous apercevons bien vite si nos distances mutuelles correspondent. "Il ne m'appelle pas aussi souvent que je le souhaiterais" peut être un simple symptôme d'une distance plus grande de l'homme par rapport à la distance de sa partenaire, mais est souvent considéré comme une preuve de non attachement.
Il y a en effet un lien entre attachement et Maï Aï. Et nous allons mieux comprendre le fameux mécanisme du "je te suis, tu me fuis".
Nous cherchons lorsqu'on rentre en relation avec quelqu'un à nous mettre à notre bonne distance. Lorsque la distance de l'autre est supérieur à la notre nous devons nous approcher de lui davantage qu'il ne le souhaite. Il recule alors et nous avançons de nouveau et ainsi de suite.
Donc plus je suis collant, plus l'autre fuit. Mais être collant ou pas est une perception subjective, et est notre manière de considérer ce qu'est "aimer". Nous nous considérons toujours comme étant la norme et l'autre devrait aimer d'être aimer...et pourtant, il fuit.

Arrive un moment où le suiveur en a assez de suivre, se détournant ainsi de l'autre. C'est alors que le fuyard revient. C'est ce que l'on voit souvent dans les relations, dans lesquels on se quitte souvent et on se remet inévitablement ensemble après quelques temps.
En effet, dans notre Maï Aï nous dispensons de l'attention. L'attention est de l'énergie qui est envoyé vers l'objet vers lequel on se focalise. Donc lorsque vous tendez votre bâton vers votre partenaire, vous l'approvisionnez en énergie. C'est si bon de se sentir aimé.
Le problème si votre distance est plus courte que celle de l'autre, est que votre partenaire est surchargé. Il remplit son réservoir d'énergie de "type couple" très vite et une fois emplit n'en a plus besoin, il se tourne vers d'autres centres d'intérêt pour remplir ses autres réservoirs. (John Gray dénombre 10 réservoirs d'énergies différent dans son livre "Comment obtenir ce que nous désirons et apprécier ce que nous possédons". Il revient lorsque son réservoir est à nouveau vide.
On va assister dans ce cas à un mouvement de va et vient entre les deux partenaires. L'un reprochant que l'on ne s'occupe pas assez de lui et l'autre reprochant d'être soulé et d'avoir besoin d'air.

Nous avons tous besoin d'énergie et nous sommes conditionné à en recevoir des autres, nous ne l'avons pas appris. C'est pour cela que si vous cessez d'alimenter un temps l'autre, il revient à sa distance et cesse de fuir.
L'origine :
Notre distance est définie très tôt par notre relation familiale. Nos parents, frères et sœurs. Je fais volontairement des simplifications. Une mère très affectueuse et tactile vous apprendra à accepter l'autre dans un espace réduit. Votre distance sera courte. Vous apprenez étant petit qu'"aimer", (il faudrait inventer un nouveau mot) ; c'est à dire comme nous l'avons vu dans les postes précédents la confusion entre amour et dépendance ; se manifeste de manière tactile et proche. A l'inverse, une mère distante, vous forcera à apprendre très vite à vivre à grande distance.
Donc pour vous "aimer" correspond à une certaine distance, qui se vérifie par un certain comportement. Pour un autre, qui aura eu une relation a sa mère différente "aimer" ressemblera à tout autre chose. La distance varie donc selon la personne, selon la famille et selon la culture dans lesquels on baigne enfant.Les extrêmes
Les personnes ayant des distances très très courtes, sont en permanence en manque d'amour. Rien ne peut les combler et elles souffrent de grave dépendances affectives.
Les personnes ayant des distances très très longues vivent dans la solitude le plus souvent, n'arrivent pas à tisser des liens avec les autres.
Les conséquences
Pour autant, les personnes ayant des distances plus longues sont avantagées. En effet, elles ont dû apprendre à remplir leur réservoir d'énergie autrement qu'en "pompant" l'énergie des autres. Elles se trouvent donc moins en proie à la jalousie et sont souvent plus indépendante. S'approvisionnant mieux par elles même, elles possèdent aussi une attractivité envers ceux qui cherchent de l'énergie chez les autres.

Les personnes ayant des distances plus courtes, ont des facilités relationnelles.
Les solutions
Une fausse solution consisterait à penser qu'il faille trouver un partenaire qui a la même distance que vous et le bon Maï Aï serait ainsi trouvé. Cela est vrai, en théorie. Cependant, trouver le bon Maï Aï en plus des x mille critères de sélections d'un partenaire n'est pas aisé. De plus, le Maï Aï n'est pas seul en cause dans la relation de couple et vous devrez peut être à l'avenir vous adapter à un autre partenaire avec une distance plus longue. Enfin, un couple fusionnel, avec deux distances très courte, souffre énormément, la passion s'en mêle souvent et conduit à la destruction des deux partenaires.
La solution la plus efficace est d'une part de voir le mécanisme pour en sortir.
Prenez conscience de votre Maï Aï et de celle des autres. Voyez comment cela fonctionne pour vous et autour de vous. Ainsi, vous ne serez pas dupe, lorsque vous serez attiré par une personne (manque d’énergie) puis lorsque vous l'aurez vous n'en voudrait plus (trop plein d'énergie). Vous serez peut être en mesure d'élargir votre réservoir et d'accepter l'amour que l'on vous offre.
Vous comprendrez mieux le besoin d'espace de votre partenaire sans penser qu'il ne vous aime pas pour autant et serait davantage enclin à le laisser libre.
Diminuer notre dépendance affective
Plusieurs solutions s'offrent à vous. Tous ce qui vous permettra d'être plus indépendant sera le bienvenue. Faites vos propres projets, trouvez votre autonomie. Ne vous oubliez pas. Ayez votre propre espace, cela peut être au travers d'un sport, d'une passion, d'un hobbie que vous faites sans votre partenaire.
Prenez note du post "Je t'aime mais je ne perd pas "http://hardworlds.blogspot.fr/2012/04/je-taime-mais-je-ne-me-perds-pas.html
Pour ceux qui veulent vraiment travailler là dessus, aller au cinéma, au restaurant seul. Faites des choses seules, trouvez du plaisir dans la solutide, il y en a. La solitude est un espace extrêmement précieux.
Puis apprenez à vous approvisionner autrement en énergie qu'en la cherchant chez les autres. Et heureusement, l'énergie est en permanence disponible tout autour de vous.
Pour cela plein de méthode : Qi gong, yoga, Reiki, respirations, balade en nature etc...

Apprenez à remplir vos autres réservoirs d'énergies mais pour cela faut lire le livre de John Gray ^^^.
Méditer encore et toujours, chaque jour.
Entraînez vous à ressentir de la gratitude lorsque vous êtes seul.
Ouvrez votre cœur à l'instant présent.
Faites tous cela, mais ne vous faîtes pas d'illusion. Ne vous brusquez pas, ne vous blamez pas, avancez à votre rythme et prenez votre temps.
Au fond des choses, ce qui vous rend dépendant, c'est la peur de votre propre solitude. Devenez ami avec votre solitude et vous serez un conjoint qui peut laisser libre l'autre tout en l'aimant très fort.

Attention, que les mères ne se méprennent pas, il ne faut surtout pas priver votre enfant d'affection pour le rendre indépendant ! C'est le meilleur moyen de le rendre complétement handicapé affectivement. Il s'agit simplement de le laisser vivre.
Profond et sublime ! Merci
RépondreSupprimerje vais essayer de ne plus l'emmerder et vivre ma vie sans lui, voir ce que ca va donner; car je souffre enormement de son attitude vis-a-vis de moi. il m'ignore completement.
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