Ce qui nous fait souffrir !



Posons le fait que nous souffrons tous énormément par moment, que le monde entier semble alors un vaste champ de bataille emplit de danger et de malheur, de tragédie et de consternation. Le monde est alors froid, hostile, apeurant.

Au préalable pour qu'il n'y pas de confusion, il y a une distinction à faire entre souffrance et douleur. La douleur est physique, c'est une sensation et l'information de ce qui ne va pas vient du corps lui même. En ce qui concerne la souffrance, c'est un peu différent, parfois on ne peut même pas vraiment dire d'où elle vient tellement elle peut être brumeuse, ancré dans des schémas anciens et habituels. On la ressent au niveau émotionnel, sous différente forme et en cherchant à peine sa racine, nous la trouvons dans notre esprit. La souffrance peut générer de la douleur, la douleur peut aussi générer la souffrance mais il est aisé de ne pas les confondre au début.

La souffrance est quelque chose de simple. Elle vient toujours du fait que nous ne sommes pas d'accords avec "ce qui est". La souffrance est un combat intérieur entre ce qui est et ce qui devrait être selon moi. Ce combat est une division interne, nous nous battons alors contre nous-même. Notre vision de la vie se mesure à la Vie elle-même. Et qui gagne à la fin ? Toujours, inévitablement ?

Du coup la notion de bonheur devient simple à comprendre, ma vision de la vie est en parfait accord avec la vie.

C'est notre vision de la vie qui est en cause, notre vision de la vie de maintenant, de ici. Notre vision philosophique de la vie est un gouffre à travailler, on peut y passer sa vie et bien souvent plus on la travaille, plus on s'éloigne de la Vie elle-même au profit du monde des idées et la souffrance ne nous quitte pas.

Non en fait c'est beaucoup plus simple que cela. Nous avons compris que le "ce qui devrait être selon moi" en combattant le "ce qui est" crée de la souffrance en nous-même. Que se passe-t-il si le "ce qui devrait être selon moi" se place au côté de "ce qui est" ? Dans le même sens et qu'à partir de ce qui est, il offre sa direction ?

La lutte s'arrête. Pour un temps du moins.

Un temps seulement, parce que la vie ne suit pas nos plans. C'est nous qui devons la suivre, pas l'inverse. Pour être parfaitement précis nous devons participer à son mouvement. 
Donc dès qu'on la combat ça fait mal et la souffrance en est simplement le signal.

Ce qui devrait être selon moi est un élément central de notre bien-être. Et il y a beaucoup à en dire.




Commentaires

  1. Bonsoir Yan,
    Quand nous ne sommes pas d'accord avec ce qui est, s'opère alors une "lutte" génératrice de souffrance. Mais être indigné , révolté c'est s'opposer aussi aux injustices. S'opposer à ce qui est, à ce qui ne nous parait pas bien en "conscience" n'est pas la même chose que de s'opposer tout court? C'est ça?
    Merci de ta réponse qui n'est pas pressée.

    Réponse : Nous avons deux outils majeures pour vivre. La connaissance et la confiance. La connaissance est limitée, la confiance est illimitée. Mais la connaissance et la confiance ne viennent pas des mêmes centres et si l'un n'est pas aussi développé que l'autre alors nous vivrons le moins developpé des deux.
    La connaissance ultime sait que l'injustice n'existe pas.
    La justice des Hommes est la justice d'enfant de maternelles comparés aux lois immuables de la Vie. Si les Hommes connaissaient et appliquaient les lois de la vie, ils ne verraient, ni ne vivraient d'injustice. Dire que quelque chose est injuste, c le juger. Le jugement est la source même de la souffrance. C'est le jugement qui fabrique le " Ce qui devrait être pour moi".

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