Des yeux nouveaux

Tôt ce matin, je m'aperçus du silence de mon mental. Un silence profond et tellement inhabituel, je me sentis bien, reposé par cette nuit.
La première pensée qui vint fût une réflexion étrange sur la paix que je vivais à cette instant. Je compris que cette paix n'était pas due à une satisfaction quelconque mais à l'absence de peur.
Je me demandais alors mais qu'est-ce que la peur au fond ? La peur est un sentiment me suis-je dis rien d'autre mais quelle est donc sa forme alors ?
La forme de la peur est la perte. Et je m'aperçus alors que lorsque la 'PEUR EST' les lettres pouvaient composer le mot "PERTE".
J'ai peur de perdre, "mes choses", mais surtout mon identité. Et je m'identifie à presque tout, à mes choses, à ma culture, à mes idées, à mon corps, à mes émotions, à mon existence. Je crois être mon existence alors je m'y identifie et dès que quelque chose vient modifier cette existence alors j'ai peur, j'ai peur de perdre.
Ekhart Tolle affirme que le problème ne vient pas des choses en question que nous avons peur de perdre mais du petit mot "mes" que nous mettons devant.
Mais une fois avoir pris les lettres des mots "PEUR EST" pour faire le mot "PERTE", il reste deux lettres non utilisées. Ces lettres sont "U" et "S". Je les ai agencé en pensant à us = nous en anglais ou à su = son en espagnol mais l'expression "us et coutume" me revint en tête et soudain il est devenu clair pour moi que ce sont les habitudes qui créent la PEUR. Les habitudes représentent le connus, elles sont la mémoires, elles sont ce qui me permet de comparer les choses entre elles, et ce qui me permet de me comparer aux autres, ce qui me permet de prévoir, d'être en attente, elles sont tout ce à quoi je m'attache, je m'accroche, tout ce que je crains de perdre, tout ce qui me fait peur.
J'ai peur de l'inconnu alors je me réfugie dans le connu, dans l'habitude et de là émerge de nouveau la peur. La peur se nourrit elle-même de la sécurité qu'elle réclame.
Je me lève alors de mon lit avec l'envie de regarder le monde avec la curiosité dont on observe l'inconnue. Regarder les choses pour la première fois.

Puis un peu plus tard mon père me ramène le livre de Paolo Cuelho L'Alchimiste est je l'ouvre à une page au hasard, je note ci-dessous le contenu exacte de ma lecture :
"Mais c'était sans remède. Il n'y avait plus rien à tirer de la terre et j'ai été obligé de trouver un autre moyen d'exister. Aujourd'hui, me voici chamelier. Mais j'ai pu alors entendre la parole d'Allah : personne ne doit avoir peur de l'inconnu, parce que tout homme est capable de conquérir ce qu'il veut et qui lui est nécessaire.
Tout ce que nous craignons, c'est de perdre ce que nous possédons, qu'il s'agisse de notre vie ou de nos cultures. Mais cette crainte cesse lorsque nous comprenons que notre histoire et l'histoire du monde ont été écrites par la même Main."
Je me dis parfois que les premiers hommes regardaient probablement le monde d'une manière très différente de moi.
Quand je le regarde je met des mots sur ce que je vois, je l'explique, je le commente. Quand je ne connais pas quelque chose, je me dis que je vais rechercher sur internet pour savoir. On fait tous à peu près cela.
En réalité on ne regarde pas le monde, on le pense. Par contre lorsqu'on regarde quelque chose de vraiment beau, de si beau que nous en sommes subjugués alors il n'y a aucune pensée qui s'associe à l'image qui percute la rétine, le mental est silencieux et l'on se sent bien.
Alors si j'arrêtais de tout expliquer, commenter, comparer ou identifier et si je regarder la Vie avec la curiosité d'un nouveau née, en m'émerveillant de la sensation que le monde crée au contact de mes sens, alors mon bonheur serait bien plus grand.
Regardez cette image, un mot apparaît-il dans votre tête ?

Oui, le mot "tortue"...
RépondreSupprimerTu crois que ça craint ?!
msecadence.
Aie aie aie, c'est pas bon. D'autant que le "tord tue" :) Que ce ne soit pas une raison de rester dans la "tord peur" ^^
RépondreSupprimerToutes les peurs viennent de la peur de la mort. Toutes les émotions viennent de peurs. Toutes les souffrances viennent d'émotions, de resistances.
Mais toutes les joies viennent de la joie d'exister et lorsque l'on sait que nous sommes immortels alors il n'y a plus de peurs, plus d'émotions, plus de souffrance. Subsite seulement la joie. La Grande joie d'exister.