Rater sa vie ? Etrange idée...

N'est-ce pas étrange comme concept que celui de dire que l'on peut rater sa vie ? Comme si nous savions précisément ce qu'il fallait faire pendant le temps que nous avons à vivre. Comme si l'on nous avait remis à la naissance les clefs de son destin, le mode d'emploi de l'existence et qu'il fallait s'y tenir.
Comment pourrais-je rater ma vie ? Car pour "rater" ou "réussir sa vie" il faut bien un référent, un jugement, rater par rapport à quelque chose, à quelqu'un, par rapport à un but ? Qui pourrait juger ma vie ? Qui pourrait me connaître suffisamment pour réaliser un tel jugement. J'en suis moi même incapable. Avant de prendre la moindre décision, je m'aperçois systématiquement de mon impossibilité à connaître ses conséquences, d'autant plus si la décision est importante. Comment pourrais-je juger alors une décision que j'ai prise ? Alors celle d'un autre.
Comment pourrais-je juger le moindre choix ? Ceci est un erreur, Ceci est bien, celui ne l'est pas, en sachant pertinemment que rien n'est prévisible, que cela nous dépasse.
Puis-je raisonnablement dire que cette personne a raté sa vie ? Je ne l'ai pas vécu sa vie, je ne vie que la mienne. Elle vivra sans l'ombre d'un doute, de nombreuses expériences qui me resteront inconnues.
Prenons comme référence le bonheur, comment puis-je mesurer le bonheur d'un autre. A la largeur de son sourire ? A son humour ? A sa sociabilité ? Est-ce impossible de trouver le bonheur seul dans son coin ? Comment mesurer mon propre bonheur ? Je suis capable d'être heureux et malheureux dans la même seconde. Puis-je être certain que tel "clochard" est moins heureux que tel "richard"?

Soyons de notre siècle et prenons pour juger la vie d'un autre, la quantité de bien qu'il a amassé, son compte en banque, sa belle voiture, sa belle femme, ses beaux enfants, ses beaux cheveux, sa belle montre... tous ce qui est extérieurement visible, en le comparant avec mon expérience personnel, mon compte en banque, mes enfants, ma femme, ma voiture... les seules éléments sur lesquels je puis faire reposer mon jugement sont ce que je suppose que l'autre retire comme bonheur à détenir ces choses. Cela s'appuie forcement sur le bonheur que je retire ou que je suppose que je retirerai à détenir ces choses. Plusieurs problèmes apparaissent : Comment puis-je connaître le bonheur que procure des choses que je ne détiens pas ? (A mon niveau d'envie de les avoir ? Soyons sérieux).
Comment puis-je supposer que cet autre à la même échelle de satisfaction que la mienne ? Est-ce interdit de concevoir que cet homme soit malheureux de rouler en BMW dernier modèle parce qu'il a du vendre sa Férari ? Certain ayant tout ce que matériellement on peut détenir, se plaignent. Et inversement d'autres qui n'ont même pas ce que l'on considère comme élémentaire montre des signes de bonheur. Qui ment ? Lequel est fou ? Lequel des deux à un défaut d'appréciation de son état personnel ? Ils ont peut être raison tout les deux ? Ils ont sûrement raison, ce sont les seuls qui puissent le savoir. C'est leurs vies.

Le bonheur n'est pas un palier que l'on atteint à la suite d'une accumulation de bien, ce serait pratique d'ailleurs vous avez 1.000.000 € sur votre compte = vous êtes heureux. A partir de là, les choses seraient bien plus faciles finalement. Le bonheur est du domaine du ressenti. Il ne peut qu'être vécu, même pas expliqué, même pas partagé, juste vécu. On ne peut envisager celui d'un autre. Il se peut même que certains ne le recherchent pas et que ce ne soit même pas un bon critère de jugement.
Je récapitule :
1/ Il n'y a aucun mode d'emploi à la vie, nous sommes totalement laisser à nous même pour décider du but du jeu, nous sommes libre.
2/ Nous ne pouvons pas juger de nos décisions, de nos choix puisqu'on ne peut pas savoir à l'avance, si c'est bien ou si c'est mal.
3/ Nous ne pouvons intelligemment juger la vie d'un autre, nous n'avons donc aucune référence réelle pour juger notre vie.
Nous ne pouvons objectivement pas rater notre vie.
La porté de cette révélation est telle. On ne peut pas rater sa vie ! Déposons nos sacs de culpabilité que nous font porter nos familles, nos amis, la société! Chacun fait ses expériences et aucunes ne peut être qualifiées de bonnes ou de mauvaises, il n'y a de but dans la vie que celui qu'on s'impose à soi même. Nous sommes libre, libre de vivre ce que l'on choisit de vivre. Rien ne nous oblige de subir le jugement des autres sur la vie, sur notre vie. Nous sommes libres. Totalement. Tous ce qui nous fait croire le contraire est faux.
Le seul moyen de rater sa vie... c'est de penser qu'on l'a raté.
Au moment de la dépression, ceux qui ont reussit matériellement pensent qu'ils ont raté la partie émotionnelle. Ceux qui sont pauvres pensent qu'ils ont raté la partie matérielle, ceux qui n'ont pas de diplome pensent que c'est la partie intellectuelle qu'ils ont raté. Il est évident que l'on va porter son attention sur ce qui ne va pas, lorsque l'on accorde de la force à la penser "j'ai raté ma vie".
RépondreSupprimerCe qui était traité dans ce texte, maladroitement quelque part, je m'en rend compte, c'est finalement que d'une manière objective, absolue, il est impossible de raté sa vie, comme de la réussir. Notre vie est notre vie, unique et imcomparable. Evidement, selon votre conditionnement, votre temps, votre famille, tel ou tels critères seront vos points de références pour déterminer la reussite ou l'echec de votre parcourt. Non seulement cela, n'a aucune véracité universelle, mais est inutile au mieux, destructeur souvent.
Aussi, il y a un syndrôme extrêmement répendu chez les personnes qui ont reçu de l'amour lorsqu'ils étaient enfants mais chez bien autres encore. Ce syndrôme consiste à penser que l'on est quelqu'un de spécial qui a quelque chose de spécial à accomplir dans sa vie. Mais il ignore quoi et attend que la vie, lui fasse rencontrer un enseignant, un fan, une personne, une circonstance, que sais-je ? qui viendrait éclairer ce fabuleux destin. Alors la créature exeptionnelle entrerait en action dans sa haute contribution apportant la lumière sur le monde.
Certains attendent cela 40 ans, puis comme ca ne vient pas, alors ils perdent leurs illusions, c'est une souffrance, ils considèrent qu'ils ne se sont pas montré suffisament digne pour mériter le coup de pouce du ciel, ce point de départ qui aurait permis la realisation du fabuleux destin. Ils sont dignes, ils ont rêvé longtemps c'est tout.Ils se rappellent d'un moment où cela à bien faillit se faire, où D.ieu les a approché, mais ils considérent avoir commis une erreure et avoir démérité. Là une catastrophe pire encore arrive. Avant le rêveur rêvait du futur, son attente était stupide, elle portait l'espoir, disons qu'au moins ce n'était pas si pénible. Maintenant le prix de l'espoir, du désenchantement, il rêve du passé. Il subira des dépressions tout au long de sa vie, christalisera se souvenir où D.ieu c'est approché et en fera un miracle. Toute cette histoire est l'oeuvre du mental créateur de l'ego et de son histoire.