1.10.10

La seconde blessure

La première période de ma relation avec cette femme a mis en exergue ma blessure d'abandon. Je me demandais alors pourquoi étais je si dépendant d'elle ?

J'ai longtemps portée attention sur ma blessure d'abandon, elle est, je crois, ma blessure fondamentale. Elle était en tout cas, celle que je voyais le plus.

Puis j'ai revécu un souvenir, enfoui jusqu'ici. Un évènement ridicule, un minuscule incident.
J'étais à Carrefour lorsque j'étais tout petit et j'étais absorbé par les milliers de bonbons qui étaient étalées face à moi.
Au bout de quelques longues minutes, m'étonnant de ne pas avoir entendu la voix de mes parents afin que nous poursuivions notre balade. Je me retourne.
Et là plus personne, je ne les trouves plus.
Je cherche, cours, pleure, hurle. Je cherche mes parents, c'est une agonie.


Je les retrouve enfin à la caisse, pleurant à chaude larme.
Ils me réconfortent, me disent qu'il ne faut pas que je m'éloigne. Mais il est trop tard, j'ai eu trop peur. Peur d'être abandonné.

Ce tout petit incident, que j'appelle petit avec mes yeux d'adultes était pour l'enfant que j'étais tragique.

Et une structure de dépendance c'est mis en place pour ne plus être abandonné.

Il y a bien sur de nombreux autres incidents qui ont permis à cette blessure de s'installer.
D'ailleurs pour punir un enfant, on l'exclut du groupe, on le met au piquet, on l'envoi dans sa chambre, on refuse de lui parler. On l'isole.


La voila moins vive à présent simplement en mettant rappelé de ce jour ou Carrefour était trop grand pour moi.

En quittant le premier rôle, La blessure d'abandon laisse davantage voir le jeu de la seconde blessure l'Humiliation. En voila une blessure intéressante.

Alors que la blessure d'abandon crée un pendant de dépendance, ce qui me parait somme toute logique, la blessure de l'humiliation, crée le masochisme. Voici comment je l'a perçois à l'heure actuelle.
L'énergie est la seule chose qui compte, c'est la véritable nourriture. Une personne qui ne mange pas peut vivre quelques jours, mais une personne coupée de l'énergie de l'Univers meurt instantanément.
Un bébé bien nourrit mais qui n'est pas touché par sa mère meurt rapidement.

L'énergie est la Vie.


C'est par l'attention que l'énergie se déplace. Tout les Maîtres de Qi Gong vous diront, l'énergie suit l'attention. Et c'est très facile à expérimenter. En ce concentrant quelques instants sur une partie du corps on ressent l'énergie s'y intensifier.
Lorsque l'on a une douleur quelque part, le but pour le corps est d'attirer l'attention sur cette zone afin qui apporter l'énergie nécessaire à son rétablissement.
Toutes les méthodes de relaxations, de méditation visent à porter son attention sur quelques choses de précis. En portant son attention son soi, on se nourrit, on s'énergise soi-même.

Tout ceci pour expliquer comment selon moi l'humiliation crée le masochisme.

Alors que je me sentais humilié étant enfant, c'était aussi de l'attention que l'on m'a accordé.
Peu importe que le sentiment doit douloureux, il nourrit. On me fait mal certes mais on s'occupe de moi. Si on ne m'aimait pas, on serait indifférent ! Là on s'occupe de moi.

Alors je crois que le petit Yanou pense que si on lui fait du mal, c'est pour son bien. Alors il aime qu'on lui fasse du mal. J'aime qu'on me fasse du mal, j'aime qu'on s'occupe de moi.


Et voila que les souvenirs de cours de piano pénibles et humiliant alors que j'avais 4 ans, m'avait permis d'avoir le premier prix du conservatoire à 5 ans.

La femme qui m'apprenait le piano était méchante. Je disais que je ne voulais pas y aller mais mes parents me disaient que c'était pour mon bien, et voila que tragiquement, j'excellais en piano.

Ha si j'avais échoué, si je n'avais pas aimé ce succès, comment serais-je aujourd'hui ?

Mon père que je voyais très peu car il travaillait beaucoup, réussissant tout, gagnant tout ses concourts, venait me retrouver le soir pour vérifier que mes devoirs étaient bien fait. C'était toujours un moment très redouté. Je me faisais régulièrement engueulé. J'évitais par tout les moyens qu'ils les voient, sans pour autant m'appliquer à faire mes devoirs.
Ho que je craignais l'instant où il arrivait le soir.


Je me rappelle d'une fois où après avoir reçu une lourde et humiliante engueulade, j'ai écrit sur ma règle de 30 cm en feutre rouge "Yan minabale". C'était devenu une règle, j'étais minable. Et en étant minable j'attirais l'attention de mon père.

Aussi, je pense que je cherche les personnes capables de m'humilier sous le prétexte d'amour.
Que c'est pour cela que je ne me protège pas comme ma raison me le conseille si souvent.

Je pense pour commencer m'acheter une règle, identique à l'ancienne. Prendre un feutre rouge et y inscrire "Yan brillant" ou "Yan parfait". Peut-être l'écrire avec mon père que j'aime tant, ou après avoir discuter avec lui. Je ne sais pas encore ce qui aura le plus d'impact sur le petit Yan en moi. Je lui demande encore, il réfléchit.

3 commentaires:

  1. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

    RépondreSupprimer
  2. Hacknoht18:59

    Merci Yan, encore une fois. Ton introspection est très pertinente et je m'y retrouve tellement. Depuis bien longtemps je me sais auto-destructeur, sans avoir pu y apporter une véritable explication. A vrai dire je ne crois pas m'être réellement interrogé sur les origines, ni sur les conséquences de ce comportement.
    A présent je vais y réfléchir.
    Je suis souvent en quête d'attention et d'amour, quitte à mettre ma raison en sommeil et finalement le résultat ne me plait pas vraiment.
    Au plaisir de te revoir.

    RépondreSupprimer
  3. Anonyme21:26

    J'espere que tu vas penser aussi à me rendre une petite visite cet été :)
    Yan

    RépondreSupprimer

Ne faisons qu'un.
Ne craignez pas de penser, ne craignez pas d'être lu, d'affirmer vos choix, de poser vos questions, votre pseudo vous protège, notre amour vous protège... Nous avons besoin de vous, parlez.