13.9.10

Se trahir

J'ai fait l'expérience de nier joyeusement tout ce en quoi je crois, d'aller à l'encontre de tout mes principes, de me mettre oeillères, menottes et boulets aux chevilles, de faire tant de compromis que j'ai promis les pires conneries.


Je suis sortie de prison hier, libéré pour "mauvaise intention de conduite", pour avoir formuler mon intention d'être libre de faire ce que je crois juste.
Sortie de ma cage dorée je me sens libre et perdu à la fois, comme désorienté, nostalgique d'un inconfort tellement sécurisant, effrayé par tant de nouvelles possibilités, de la responsabilité de vivre ma vie par moi-même. De ne plus avoir d'excuse pour mon propre malheur.
Je revois la terreur du nouveau-né, la déchirante solitude qui donne au corps son expression de lui-même.

Or tout cela est arrivé par les meilleurs intentions du monde... Par le désir d'aimer, de sécuriser l'autre, de prendre en charge ses peurs, d'apporter l'antidote à ses poisons, en voulant aider. Par l'orgueil de croire que je pouvais la sauver par mon amour.
"L'enfer est pavé de bonnes intentions..." Elles y conduisent tout droit.
Toutes les peurs se cristallisant derrière le mot amour. Derrière le sentiment amoureux.
Amour et peur donnent ensemble plus de peur tout comme en mathématique + fois - donne -.
En ressort alors la possessivité, la jalousie, la recherche du contrôle absolu de l'autre, l'inconfiance et la recherche de preuve perpétuelle d'amour, les compromis, l'enfermement, les menaces, les pressions, les manipulations, l'orgueil...
Que nul ne se croit à l'abri de tout cela, qu'aucun ne se prétende hors d'atteinte pour juger, nous portons tous ces tragédies en nous. J'étais moi aussi un juge me voici prisonnier.


Le processus est simple. Je m'autorise une première toute petite fois à bafouer mon estime de moi-même, le prétexte importe peu. Il peut s'agir de renoncer à une toute petite chose pour ne pas faire souffrir l'autre. Mais c'est comme donner un coup dans un fruit, il est déjà trop tard. il pourrira inéluctablement.
Cela agit insidieusement comme un petit virus en nous, les compromis vont s'enchaîner, jusqu'à l'asphyxie total de notre personnalité, puis de notre être. Je me suis trahi, humilié, abandonné, ai été injuste avec moi-même et rejeté.
L'ego loin de me protéger, se sent fort, il prétend que rien ne l'atteint, qu'il peut tout supporter, et plus il en supporte plus il prétend être fort, être bon. "Ho Yan que tu es une bonne personne à aimer sans condition". "Sans condition" mon oeil !
J'ai pris goût à me laisser écraser. Si les peurs de cette fille n'avaient pas été pour elle insupportable, si la culpabilité ne l'avait pas étouffé, si la psychose ne l'avait pas pousser à crier "je n'ai besoin de personne pour vivre", alors je serais encore sous son talon aiguille heureux/malheureux de me faire piétiner.

J'entrevois la réaction des femmes battues qui restent auprès de leur bourreau, "le syndrome de stockholme", les masochistes. Car j'ai beaucoup de peine pour elle.
C'est cette peine, fausse compassion, qui me procure la vanité de croire que je suis meilleur qu'elle, cette peine qui crée l'illusion que je suis loin de ses névroses. Il n'en n'est rien. Ma névrose est bien réelle, elle est simplement complémentaire à ses propres délires.

Donc, il est clair que toute les belles paroles et sagesses contenues dans ce blog ne sont pas vraies pour moi. Je ne les vie pas, ne les incarne pas. Elles sont un rêve de plus d'être différent de ce que je suis.
Je ne remet pas tout en cause, mais la sagesse n'est pas cristallisée en moi, elle est superficielle, elle va et vient.
Qu'il est facile d'être sage, seul dans sa grotte, protégé avec ses habitudes. Et c'est bien ce que je ressens lorsque je suis unis à l'univers et que tout est calme en moi. Mais ce calme devient bien vite peur et anxiété lorsque le monde, l'autre s'approche avec ses propres certitudes.

Il y a aussi l'addiction à l'intensité. Celle procurée par la souffrance, la difficulté, le défis, le danger permanent, la tension extrême. C'est bien cela. Et quelques semaines passées à ses côtés laissent en moi l'impression d'une vie. Vivre chaque seconde avec intensité, même si c'est du malheur et de l'effroi. Pas d'ennui, pas de repos, pas de répits. Je suis dans la cage au tigre, prêt à chaque instant à être dévoré. Vigilance totale et engagement total. Risque total. Un grand kiff. Hélas, en restant trop longtemps au contact du fauve, j'ai baissé ma garde, je n'ai plus vu le danger. Je reprends conscience après un coup, mordu au ventre, vêtements déchiquetés. Et loin de prendre peur et de fuir à toute jambe, je me réjouie d'avoir survécu. Je me dis, je vais donner plus d'amour, faire encore mieux.

Est-ce du courage ? Non, en aucun c'est de la lâcheté au contraire.
La lâcheté du dresseur d'avouer son échec et son illusion. On ne transforme pas un tigre en chaton inoffensif. La lâcheté de voir que ce fauve n'aime pas sa vie, n'aime pas sa cage, m'aime pas son dresseur et n'aime pas les chatons. Le tigre n'a pas demandé à être dressé et le dresseur n'existe pas.


Quelles leçons puis-je tirer de tout cela ?
Il faut être humble et ne pas juger les gens. Car ce que je juge je le suis aussi.
Il faut ouvrir son coeur mais savoir aussi le fermer pour se protéger, être humble et ne pas prétendre pouvoir sauver qui que ce soit.
Être humble et voir en soi la détresse. Car c'est moi-même qui rêve d'être sauver.
Humble et vigilant pour ne pas se compromettre.

J'ai l'impression à la fin de ce texte d'être passé à côté de l'essentiel : la bienveillance.

5 commentaires:

  1. Anonyme14:48

    Hého !!! tu vas te calmer oui ?!!! :) -> (je précise, pas envie de me prendre un pain dans la tronche !) euh... :)

    Purée, mais pourquoi se fouetter de la sorte !

    Bien sûr que tu ne maîtrises pas tout ce que tu dis et expliques dans ton blog !

    Sinon tu ne serais pas là, des dimensions nous séparent des Maîtres et c'est très bien comme ça. Nous sommes où nous devons être, bien à notre place.

    Je sais pas, peut-être que tu sens ou qu'on t'as dit (thème astral, chemin de vie, rêves ou autre) que tu allais accéder à la Sagesse et que tu guiderais spirituellement des gens en démarche... je sais pas moi... c'est ce que je sens en tout cas...

    Mais tu as le temps... Si on naissait avec la science infuse ça se saurait !

    La Terre est un espace d'expérimentation, c'est le seul moyen d'apprendre...
    Bon, on va pas faire la grève pour ça hein ?! C'est comme ça et pas autrement...
    Mais on peut faire confiance à ce fonctionnement, t'inquiètes qu'ils savent ce qu'ils font là-haut (hein les gars ?!)

    Tu te rends compte du COURAGE, oui Monsieur, DU COURAGE que tu as de travailler sur toi ! De te poser des questions ! ET SURTOUT d'essayer d'y répondre !

    Le COURAGE de mettre ton Ego à la retraite anticipée, LE COURAGE de contrecarrer ses plans en permanence ! LE COURAGE d'étaler tes croyances et des doutes sur un blog !

    LE COURAGE DE TE PLANTER. Bah oui "celui qui ne fait pas la vaisselle ne peut pas casser d'assiettes" (Maïté) Toi tu te tapes la plonge et en plus tu jongles avec les assiettes... et bien forcément...

    LE COURAGE de vivre dans le monde mais hors du monde, celui d'envisager qu'un jour tu sauras Aimer sans condition !

    Aimer sans conditions c'est aimer comme on ne sait pas faire, comme on ne nous a pas appris à aimer.

    LE COURAGE d'enlever tes lunettes, celles que si peu enlèvent.
    Rien que le fait de penser à les retirer est énorme non de non !

    LE COURAGE d'être différent... de voir s'éloigner les gens qui comptent... Voir le faussé se creuser inéluctablement et il faut expérimenter le détachement pour entrevoir la confiance. Vivre ses choix pour accepter celui des autres et être dans l'Adaptabilité pour rester soi-même.

    Vivons, il n'y a que ça a faire...

    Le fait de se poser des questions et d'essayer d'y répondre, de travailler sur soi, d'entreprendre une démarche de libération est fantastique c'est "un petit pas pour l'homme, un grand pour l'Humanité"... Un choix de vie, une philosophie, une utopie, peut importe : c'est ton choix ! c'est tout ce qui compte...

    Il ne nous est pas demandé d'être parfait...

    Il nous est demandé d'être prêt à l'Amour, d'être prêt à le vivre, de sauter dans le train quand il passera, d'avoir confiance, de ne pas s'accrocher à nos certitudes comme une moule à son rocher...

    Bon alors ?! Tu es prêt à l'Amour ?!

    T'es un Chevalier mec !

    Un Chevalier en quête de toi même !

    Allez allez, on rentre le ventre, on sourit, un petit coup de mouvement régénérateur (ah ah ah) et en avant !

    Et fous-moi ce fouet au feu bordel !

    Au lieu de te servir de tes mains pour te mettre des gifles, sers t'en pour t'applaudir !

    msecadence.

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  2. Tu as le don de me faire rire, et de bon coeur en plus. Merci pour ton soutient et ton réconfort.
    Ne sois pas inquiète outre mesure, ce n'est pas de l'auto-flagélation gratuite. Il s'agit surtout de faire un point et de pointer du doigt les illusions qui m'accompagnent depuis trop longtemps et qui sont source de mes souffrances. Je suis juste une personne qui en a marre de souffrir pour des pensées entretenues depuis trop longtemps et qui ne m'appartiennent même pas. Je me remet simplement à ma place, comme un ami le ferait, je le fais pour moi-même.
    Il y a cependant, je l'avoue une certaine lassitude car je me pose les mêmes questions depuis que j'ai 9 ans et revivre les mêmes situations en boucle use par moment mon enthousiasme. Mais le tiens est une corne d'abondance et vitalisante.
    Je ne peux que te remercier et remercier l'univers pour tout ses encouragements.

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  3. Anonyme07:13

    Merci de me donner l'occasion de t'encourager...

    En te proposant du soutien, je me soutiens également.

    Ces mots me sont aussi adressés, comme le ferait un ami.

    Je te rejoins sur l'affirmation que nous sommes nos propre amis.

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  4. Anonyme23:23

    Le ciel n’est pas toujours bleu au pays de Candy…

    Dans cette vie je suis venue bosser sur l’enfermement… Nous sommes tous plus ou moins concernés par cela, chaque disfonctionnement créant un enfermement…

    Je parle ici d’enfermement, d’isolement, privation de liberté, emprisonnement…

    Donc pour bosser dessus tu penses bien que, comme par hasard, je suis née dans la famille qu’il faut, avec les parents qu’il faut et les ancêtres qu’il faut…

    MAIS j’ai survécue… (Une amie m’a dit un jour cette phrase, qui me fait toujours autant rire d’ailleurs: « Bah ! bien sûr que tu as survécue, le but n’était pas que tu meures !!! »)

    Mes choix de vie étant principalement axés autour de ce thème, je me suis donc toujours débrouillée pour me retrouver dans des situations emprisonnantes…

    Bien des fois je me suis évadée… recommençant à zéro : j’aménageais dans une autre prison quoi ! Je me transférais !

    Aaaah s’évader… rêver, imaginer, s’illusionner, créer d’autres réalités et y croire...

    Agrippée aux barreaux, j’imaginais un ailleurs, plus beau, fait d’insouciance et de jeunesse…

    Envoutée par mon fluage (les initiés comprendront)…

    Développant un certain talent pour l’imaginaire, naturellement je me suis orientée vers une carrière artistique, me permettant ainsi de fuir toujours et encore MAIS avec lyrisme et panache… un peu de classe n’a jamais tué personne !

    Rêvassant entre deux eaux, lovée au creux de mon mirage, je lustrais amoureusement les barreaux de ma cage…

    « Alors on en est où ? »
    - « bah justement j’étais entrain de me dire que c’était un peu moumou tout ça… »
    - « Boulala, mais qu’est-ce qu’elle fabrique bon sang ! »
    - « Chuuuut… Elle rêêêve… »
    -« Tu vas voir si elle rêve !!!! Maaagaaliii ? »
    -« Huuum kèskillaaaa… »
    -« RÉVEILLE-TOI !!! »

    HEIN ?!! QU’EST CQUE !

    Vite vite il faut que je m’échappe en douce… ce soir y’a un train qui part pour une nouvelle prison ! Chouette !

    Bon pour changer, je vais faire un choix de vie bien enfermant !
    Et plus d’escapades professionnelles non !
    Autant me donner toutes les raisons de péter un plomb, tant cas faire !

    Total, à 31 ans, je me retrouve bien souvent à être frustrée comme un gosse privé de sortie…

    à courir après cette liberté que je n’arrive pas à cerner…

    Ma Liberté…

    Et oui chers lecteurs (t’as vu ? j’ai mis un S, ça va les faire venir, tu vas voir les commentaires vont pleuvoir « jusqu’auboudela nuiiiiiiiiiit » (Emile&image) !!!)
    je fais de belles phrases mais c’est pas toujours facile tout ça…

    Redresser la barre, surveiller son Ego comme le lait sur le feu…

    Conjuguer le verbe ÊTRE à la première personne du singulier du présent de l’indicatif…

    Pas j’ai été ! Pas je suppute que je serai…

    NAN ! PRÉ-SENT !!!

    Ordonnance :

    Matin : Méditation + Son
    Le reste de la journée PRÉSENT (à volonté)
    Soir : un petit bilan de la journée,

    Puis « Un suppo et au lit ! » (c’est trop culte, je ne pouvais pas omettre ce détail qui fait toute la différence)

    Et oui, c’est du boulot mais…

    C’est en forgeant qu’on devient forgeron…

    Je ne fais pas appel, ni ne demande une remise de peine…

    J’effectue la tâche à accomplir du mieux que je peux…

    Et c’est en cela que je me félicite.

    msecadence.

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  5. As tu remarqué l'heure des commentaires ? 22:22, 23h23 ... J'ai traversé une longue periode pendant laquelle à chaque fois que je regardais l'heure cela inquidait un double nombre : 13h13 14h14. Je me suis souvent demandé ce que pouvait signifier cela. Au début, je me suis dis que c'était pour revenir à la présence, que c'était comme un reveil. Alors systématiquement, je revenais dans l'instant, utilisant ce mystère pour accroître ma présence. Puis je me suis dis que cela pouvait aussi signifier que le temps passe. Qu'il faut s'engager. Cesser d'ajourner le jour de cette décision si effrayante et génératrice de doute, celle de s'engager dans une voie avec résolution. L'engagement de travailler fermement à son développement, de ne pas attendre et remettre à demain le jour où je me prendrais en charge.

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Ne craignez pas de penser, ne craignez pas d'être lu, d'affirmer vos choix, de poser vos questions, votre pseudo vous protège, notre amour vous protège... Nous avons besoin de vous, parlez.